jeudi 3 mai 2018

La petite fille de Monsieur Linh


Couverture La petite fille de monsieur Linh

Résumé : 

C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu'il s'appelle ainsi. Debout à la poupe du bateau, il voit s'éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l'enfant dort. Le pays s'éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l'horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.


Mon avis : 

Les challenges littéraires me permettent souvent de sortir des livres qui trainent dans ma PAL depuis très longtemps, des livres que j’ai parfois acheté sur un coup de tête et dont je repousse toujours la lecture. Et une fois la lecture achevée, on se demande toujours pourquoi on ne l’a pas lu plus tôt ! 

La petite fille de monsieur Linh est un roman magnifique pour lequel j’ai eu un vrai coup de cœur. On y fait la connaissance d’un vieil homme qui quitte son pays en guerre avec sa petite fille. Il veut lui offrir une vie meilleure, loin de tous ses dangers. Ils embarquent donc tous deux dans un bateau pour un pays qu’ils ne connaissent pas, dont ils ne parlent pas la langue et ou tout leur est étranger. « Il n'oubliera jamais la saveur muette de cette première soupe, avalée sans cœur, alors qu'il vient de débarquer, qu'au-dehors il fait si froid, et qu'au-dehors, ce n'est pas son pays, c'est un pays étranger, et qui le restera toujours pour lui, malgré le temps qui passera, malgré la distance toujours plus grande entre les souvenirs et le présent. » 

C’est un magnifique roman, très court mais pourtant tellement puissant. C’est avec beaucoup de pudeur que ce monsieur Linh se confie à nous, nous raconte sa vie dans son pays où il a perdu sa femme, son fils et sa belle-fille. Il nous raconte également sa nouvelle vie dans ce pays qui lui semble étrange. « Il demande ensuite à la jeune fille son prénom. "Sara", répond-elle. Monsieur Linh fronce les sourcils. Il ne connaît pas ce prénom. "Et que veut-il dire, ton prénom ?" s'inquiète-t-il. "Il veut dire Sara, Oncle, c'est tout. Rien d'autre". Le vieil homme hoche la tête. Il se dit qu'un pays où les prénoms ne signifient rien est un bien curieux pays. » 

L’écriture de l’auteur est magnifique et le roman tellement touchant. La fin m’a surprise, je ne m’y attendais pas et justement malgré la tristesse de l’histoire j’ai aimé cette chute totalement inattendue. Ce n’était pas ma première rencontre avec Philippe Claudel mais ce n’est sans doute pas la dernière.

Lu dans le cadre du challenge : 
- Le temps à l'envers (2017/1900)

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