dimanche 20 mai 2018

Sans toi, on continuera

Résumé : 

Nous nous l’étions promis.
Mais sans elle, je n’ai jamais pu.
Six ans de mensonges, de questions sans réponses, de temps gâché avec mon fils.
Mais je le savais, mon passé m’a rattrapé.

C’est en Irlande, sur la Wild Atlantic Way, que père et fils partent à la recherche d’une mère partie trop tôt. Entre quête de vérité et volonté de renouer des liens, rien ne les préparait à ce voyage.

Comment parler à ceux qu’on aime quand on est détruit ?
Si je l’avais su, j’aurais agi autrement.
Vouloir bien faire ne veut pas dire faire bien.
Nous n’avions pas bien fait.

Mon avis : 


Un gros merci à Thomas Lejeune pour m’avoir permise de lire son troisième roman, à paraitre le 25 mai, avant sa publication.
J’étais très enthousiaste, car j’avais beaucoup aimé, les deux romans précédents qui se déroulaient entre la France et l’Irlande et c’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé la plume de l’auteur avec Sans toi, on continuera.

On fait la connaissance de José, un père de famille qui élève seul son fils depuis la disparition de sa femme, six ans plus tôt. Quand il reçoit enfin une preuve de vie, il part immédiatement, avec son fils, pour l’Irlande ou il est bien décidé à enquêter et à découvrir ce qui est arrivé à sa femme.

Le roman est très prenant, avec beaucoup de suspense et l’auteur nous dévoile quelques indices par petites touches, tout au fil du roman. On vit les rebondissements aux cotés de José et de Sam au fur et à mesure de notre lecture. On est un peu perdu au départ mais très vite toutes les pièces du puzzle s’emboitent jusqu’au retournement de situation imprévisible de la fin qui est très réussi.
Encore une fois donc, je suis conquise par ce très bon roman que je vous recommande. 

Lu dans le cadre du challenge : 
- ABC policier / thriller 2018

dimanche 6 mai 2018

Le port secret

Résumé : 

Un jeune Anglo-Espagnol, élevé à Londres, revient à Santander transformer la vieille demeure héritée de sa mère en hôtel de charme. Pendant les travaux, les ouvriers exhument de la cave le cadavre d'un bébé qui semble dater de la guerre civile, et la cohorte de questions que soulève la macabre découverte. Passionnant thriller sur les passions interdites entre maîtres et serviteurs, et les terribles secrets de familles dans une côte cantabrique sauvage et mystérieuse balayée par les vents océaniques.

Mon avis : 

J’ai posé mes valises en Espagne avec ce fabuleux roman de María Oruña. J’ai découvert la Cantabrie au fil des pages : Santander, Suances, Santillana del Mar que des noms qui me font rêver avec leurs plages, falaises et vieux villages en pierre. Bref ce roman est avant tout une invitation à découvrir une magnifique région mais pas que… 

L’enquête est, elle aussi, vraiment prenante. Oliver vient d’hériter d’une maison sur la côte espagnole. Il décide de la transformer en hôtel mais pendant les travaux, le cadavre d’un bébé est retrouvé. L’enquête commence ici et l’on va de révélations en révélations tandis que les morts se succèdent. « Un court instant, sa forteresse intérieure a failli la trahir, mais le labyrinthe qui reliait son âme, son cerveau, son cœur brisé et sa colère lui a donné la force d’achever ce qu’elle avait entrepris. Si la scène devait être décrite par un rythme atroce ou une mélodie, les premiers accords de Carmina Burana résonneraient dans le salon, accompagnés de leur percussions, des vois des sopranos, des ténors et des barytons à la limite du cri apocalyptique. Leur chant deviendrait assourdissant du premier au dernier coup de hache alors que le sang d’Ignacio giclait sur les meubles, le fauteuil baroque et les carreaux de la fenêtre, abreuvant de sa source puissante le tapis de la bibliothèque ; il s’épanchait encore, tel un rideau de sang liquide et dense, lors que le silence inonda enfin la pièce. »

Oliver est attachant, son coté britannique et son humour m’ont beaucoup plu. Mais c’est la flic, Valentina Redondo qui reste mon personnage préférée. Je l’ai trouvé touchante par son histoire familiale, bosseuse dans son enquête, et dur d’apparence mais qui tombe doucement sous le charme de notre anglais au fil des pages. « Valentina démarra et mit en marche la radio, un réflexe qu'elle avait chaque fois qu'elle voyageait seule. Back to black d'Amy Winehouse passait à l'antenne, et ses accents désespérés collaient parfaitement avec cette journée grise et pluvieuse. »

Enfin l’auteur nous offre tout un pan sombre de l’histoire de la guerre civile. Le récit est vraiment très documenté et j’ai appris beaucoup. « Dans les manuels d’histoire, il est écrit que la Guerre civile espagnole dura trois ans. Qu’elle éclata sur cette plage de Suances en mille fléchettes de sable, bouleversant à jamais la vie de Jana, jusqu’à prendre fin dans les premiers bourgeons d’avril 1939. N’en croyez rien ; ce n’est qu’un mensonge de plus parmi ceux qui voguent au gré des marées de nos voix et de nos silences. L’un de ces mensonges qui se cachent derrière des vérités minuscules paraphées au bas des documents officiels. Les manuels d’histoire ne sont pas toujours exacts. Ils ne reflètent pas les nuances qui font toute la profondeur de la réalité. Ils ne disent pas que ce furent des temps sordides, des heures grises qu’il fait bon oublier. »

María Oruña est donc définitivement un auteur à suivre et j’espère que ses prochains romans seront traduits en français. 

Lu dans le cadre des challenges:
-ABC policier/thriller 2018
-Les dames en noir 2018

jeudi 3 mai 2018

La petite fille de Monsieur Linh


Couverture La petite fille de monsieur Linh

Résumé : 

C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu'il s'appelle ainsi. Debout à la poupe du bateau, il voit s'éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l'enfant dort. Le pays s'éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l'horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.


Mon avis : 

Les challenges littéraires me permettent souvent de sortir des livres qui trainent dans ma PAL depuis très longtemps, des livres que j’ai parfois acheté sur un coup de tête et dont je repousse toujours la lecture. Et une fois la lecture achevée, on se demande toujours pourquoi on ne l’a pas lu plus tôt ! 

La petite fille de monsieur Linh est un roman magnifique pour lequel j’ai eu un vrai coup de cœur. On y fait la connaissance d’un vieil homme qui quitte son pays en guerre avec sa petite fille. Il veut lui offrir une vie meilleure, loin de tous ses dangers. Ils embarquent donc tous deux dans un bateau pour un pays qu’ils ne connaissent pas, dont ils ne parlent pas la langue et ou tout leur est étranger. « Il n'oubliera jamais la saveur muette de cette première soupe, avalée sans cœur, alors qu'il vient de débarquer, qu'au-dehors il fait si froid, et qu'au-dehors, ce n'est pas son pays, c'est un pays étranger, et qui le restera toujours pour lui, malgré le temps qui passera, malgré la distance toujours plus grande entre les souvenirs et le présent. » 

C’est un magnifique roman, très court mais pourtant tellement puissant. C’est avec beaucoup de pudeur que ce monsieur Linh se confie à nous, nous raconte sa vie dans son pays où il a perdu sa femme, son fils et sa belle-fille. Il nous raconte également sa nouvelle vie dans ce pays qui lui semble étrange. « Il demande ensuite à la jeune fille son prénom. "Sara", répond-elle. Monsieur Linh fronce les sourcils. Il ne connaît pas ce prénom. "Et que veut-il dire, ton prénom ?" s'inquiète-t-il. "Il veut dire Sara, Oncle, c'est tout. Rien d'autre". Le vieil homme hoche la tête. Il se dit qu'un pays où les prénoms ne signifient rien est un bien curieux pays. » 

L’écriture de l’auteur est magnifique et le roman tellement touchant. La fin m’a surprise, je ne m’y attendais pas et justement malgré la tristesse de l’histoire j’ai aimé cette chute totalement inattendue. Ce n’était pas ma première rencontre avec Philippe Claudel mais ce n’est sans doute pas la dernière.

Lu dans le cadre du challenge : 
- Le temps à l'envers (2017/1900)

mercredi 2 mai 2018

Repose-toi sur moi

Couverture Repose-toi sur moi

Résumé : 

Aurore est une styliste reconnue et Ludovic un agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. Ils n'ont rien en commun si ce n'est un curieux problème : des corbeaux ont élu domicile dans la cour de leur immeuble parisien. Elle en a une peur bleue, alors que son inflammable voisin saurait, lui, comment s'en débarrasser. Pour cette jeune femme, qui tout à la fois l'intimide et le rebute, il va les tuer. Ce premier pas les conduira sur un chemin périlleux qui, de la complicité à l'égarement amoureux, les éloignera peu à peu de leur raisonnable quotidien.Dans ce grand roman de l'amour et du désordre, Serge Joncour porte loin son regard : en faisant entrer en collision le monde contemporain et l'univers intime, il met en scène nos aspirations contraires, la ville et la campagne, la solidarité et l'égoïsme, dans un contexte de dérèglement général de la société où, finalement, aimer semble être la dernière façon de résister.

Mon avis : 

Repose-toi sur moi est depuis longtemps dans ma PAL, le résumé me tentait bien et j’étais quasi certaine d’aimer cette lecture. Verdict, je suis vraiment déçue malgré toutes les bonnes critiques que j’ai pu lire, de mon côté, je n’ai pas aimé ce roman. 

L’intrigue aurait pu être intéressante : deux voisins qui se rencontrent dans la cour de leur immeuble, ils sont totalement différents mais pourtant ils se complètent et sont là l’un pour l’autre. Mais pourtant, c’est lent, les descriptions s’enchainent, ça traine en longueur et j’ai peiné à écouter cet audio book jusqu’au bout, au point qu’à la fin de ma lecture, j’ai un sentiment de « tout ça pour ça !» 

Coté personnage, j’ai « toléré » Ludovic, oui vous avez bien lu toléré car il m’a laissé indifférente. Je ne peux pas dire que je m’y suis attachée mais je ne peux pas dire non plus que je ne l’ai pas aimé. Par contre, qu’est-ce qu’Aurore a pu m’agacer. Cette femme est absolument épouvantable. 

J’avais aimé d’autres romans de Serge Joncour par le passé mais ici, je trouve qu’il tombe dans la facilité, dans des situations attendues, ou nos deux personnages sont tellement prévisibles. Au final, je ressors déçue mais je suis certaine que ma prochaine lecture de l’auteur saura me faire oublier ce roman.

dimanche 29 avril 2018

La Fausse Suivante, suivi de L'École des Mères et de La Mère Confidente

Résumé : 


Pour vaincre le mal, faites-vous plus méchant que lui. L'homme est un loup pour la femme. Derrière le sentiment cherchez l'intérêt, derrière les mots le calcul.
A moins qu'aux ambitions parentales et aux sombres raisons d'argent l'ingénuité, les tendres rêveries du cœur, l'aspiration à un monde plus doux et plus confiant ne fassent entendre raison.

Telle est la trajectoire parcourue par le théâtre des Lumières et dont Marivaux touche ici les deux extrêmes : la comique noirceur d'une société où, une fois les masques tombés, la morale est mise en de cruels embarras ; le mirage exquis de la vertu, du rire et du sentiment réconciliés.

Mon avis : 

Lu dans le cadre du challenge #Readingclassicschallenge 2018, pour le mois d’avril, ce recueil contient trois courtes pièces écrites par Marivaux.

Les trois pièces ont en commun plusieurs points : l’humour, les quiproquos en série, les dialogues succulents et des personnages hauts en couleur et bien sur l’amour est au centre de nos trois intrigues. J’ai beaucoup aimé la première pièce La fausse suivante mais les deux suivantes se ressemblent un peu trop.

Heureusement la plume de l’auteur est toujours aussi agréable à lire et la construction des pièces habile. On prend beaucoup de plaisir à la lecture et l’on rit énormément.

Lu dans le cadre du challenge : 
-  #Readingclassicschallenge 2018